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Chroniques du coronavirus : grève dans les usines des Ciments Calcia

4 mai 2020 | Mise à jour le 6 mai 2020Par Bastien Brun | Photo(s) : Flickr/Loranger

Un mouvement de grève national s’est déroulé lundi 27 et mardi 28 avril dans les dix usines des Ciments Calcia, à l’appel de la CGT. En jeu, notamment : les conditions de travail et la protection des salariés, et la réalité du dialogue social.

Un mouvement de grève national s’est déroulé lundi 27 et mardi 28 avril dans les dix usines des Ciments Calcia. Lancé à l’appel de la CGT, il a duré 24 heures. Au niveau national, il aurait été suivi par environ 20 % des 1300 salariés de l’entreprise, dans un contexte peu propice à la mobilisation. À la cimenterie d’Airvault, dans les Deux-Sèvres, ce sont une bonne vingtaine de personnes qui se sont mobilisées, sur un effectif total de 130 personnes.Suivez toutes les informations sur la crise sanitaire Abonnez-vous à la newsletter de la NVO

« Depuis le début de la crise du coronavirus, notre direction a pris des mesures seule. D’emblée, les instances représentatives du personnel ont été écartées de toute réflexion. On nous informe de ce qui va être mis en place, mais on n’a pas droit au chapitre. On est mis sur le banc des spectateurs », dénonce Bertrand Moreau, délégué syndical central et délégué de la cimenterie d’Airvault.

La CGT dénonce les pressions sur délégués syndicaux, notamment la mise à pied du secrétaire de son Comité social et économique (CSE) central pour s’être emporté lors d’une réunion. Si des CSE extraordinaires ont été mis en place sur chaque site afin de discuter de l’activité partielle, il n’y a pas eu d’autres consultations depuis.

Une reprise rapide du travail

Pour Bertrand Moreau, la direction de l’entreprise se sert de la situation actuelle pour mettre à l’arrêt le dialogue social dans l’entreprise. Après avoir décidé dans un premier temps d’un arrêt de l’activité dans les tout premiers jours de confinement, une reprise du travail a été très rapidement décidée, notamment suite aux déclarations de la ministre du Travail, Nicole Pénicaud, dès le 19 mars, dans ce sens. Une politique de « Marche ou crève ! », dénonce la CGT qui constate que des salariés ont été forcés à venir travailler.

À cela s’ajoutent des contextes particuliers à chaque site : à Airvault, par exemple, où les fours étaient à l’arrêt pour une période d’entretien, une centaine de sous-traitants étrangers, travailleurs détachés venant de toute l’Europe ont investi le site après l’annonce du confinement, ce qui a créé de nombreuses tensions entre ouvriers, dans ce contexte de pandémie mondiale.

En question, aussi, l’usage des mesures de chômage partiel, notamment quand un employé fait face à une période d’arrêt maladie.  Enfin, une prime d’intéressement qui devait être versée à la fin du mois de mai aux salariés ne sera versée qu’en décembre.

Pour Bertrand Moreau, il s’agit d’un « premier acte » de mobilisation pour les ouvriers des Ciments Calcia, propriété de la multinationale allemande HeidelbergCement. « Aujourd’hui, les griefs sont tellement forts contre notre direction qu’il y aura un après, c’est certain », assure le représentant de la CGT.

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