Gironde

Communiqué suite à l’allocution présidentielle du 14 avril 2020


Dans son allocution du 13 avril, le président de la République a annoncé un déconfinement progressif à partir du 11 mai.
Une date qui, au regard des alertes médicales et des capacités de fourniture de protections annoncées, semble prématurée et donne un message dangereux en direction du patronat. Ce dernier exerce déjà des pressions inacceptables auprès des salarié.e.s pour une continuité des activités des entreprises pour les unes et une reprise pour les autres, et ce au mépris de la santé des travailleurs-ses.
Pour la CGT, tant qu’il n’y aura pas de garantie de pouvoir tester tous ceux qui en font la demande et de fournir à chacun des protections adaptées, la seule solution, et tous les scientifiques et les médecins le disent, c’est de rester chez soi. Il est impératif que tous.tes ceux.celles dont les activités ne sont pas essentielles, restent chez elles.eux et que celles et ceux dont l’activité est indispensable, soient protégé.e.s.
Au terme de son allocation, Emmanuel Macron a conclu “nous aurons des jours meilleurs et nous retrouverons les jours heureux.” C’est bien évidemment une référence voulue au programme du Conseil National de la Résistance (CNR).
En effet comment Emmanuel Macron pourrait ignorer que les jours d’avant la crise sanitaire étaient loin d’être heureux pour une très grande partie des Français. Les millions de pauvres dont beaucoup de travailleurs-ses, de chômeurs, de précaires, de sans-abris sont là pour attester de cette évidente et malheureuse réalité.
Pour l’Union Départementale il ne peut y avoir de mots anodins dans la bouche d’un président de la République. D’autant que ces mots sont lourds de sens en France puisque ils sont ni plus ni moins que le titre du programme du CNR lui-même, socle de notre pacte social fondé après la seconde guerre mondiale pour reconstruire notre pays.
Pour rappel, et s’il en était besoin, quelques conquêtes issues du programme du CNR: nationalisation de Banques et des grandes compagnies d’assurances, nationalisation de l’électricité et du gaz, baisse hebdomadaire du temps de travail, extension du nombre et des attributions des comités d’entreprises, généralisation de la Sécurité sociale incluant le système de Retraite par répartition, le statut de la fonction publique… Le MEDEF d’ailleurs, par la voix d’un de ses dirigeants, ne se trompait pas quand il affirma en 2007 que « Le modèle social français est le pur produit du Conseil National de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. » pour mieux appuyer le contre programme de casse sociale que nous vivons encore aujourd’hui : « Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie (…) il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance ! »
Une référence qui a bien évidemment été pesée et choisie. Mais dans quel objectif ? Celui de la rhétorique et de la communication ? Cela serait d’un cynisme sans nom !
Pour l’UD CGT de la Gironde de tels propos engagent lourdement le chef de l’Etat à conduire le tournant dont a urgemment besoin notre nation, celui d’une politique de réponse aux besoins des femmes et hommes, construite à partir d’une juste répartition des richesses créées par les travailleurs-ses, c’est-à-dire la philosophie même des mesures engagées à partir du programme « les jours heureux » du CNR.
N’ayant aucun doute dans les capacités cyniques de ceux qui gouvernent ce pays, la CGT continuera à agir pour que la justice sociale ne reste pas un joli slogan mais soit une réalité vécue par les hommes et femmes de ce pays.

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